


Un petit mot sur la Cardamone
Elle appartient à la famille des Zingibéracées (anciennement Gingibéracées), c’est une plante vivace aux fleurs blanches et mauves et aux feuilles en forme de lance. Non rustique, cette plante se cultive plutôt en véranda ou en appartement sous nos latitudes. Elle donne son nom a ses graines et fait partie du trio de tête dans les épices les plus consommées. Récolte de septembre à novembre. Elle est originaire d’Asie (Cambodge, Laos, Vietnam, Inde, Ceylan, Java), des petites zones montagneuses de 500 à 600 m de haut, où la température moyenne avoisine les 20 à 25°C. Elle est cultivée dans tous les pays tropicaux, en Amérique centrale et du Sud comme en Afrique. La production commerciale vient essentiellement de souches cultivées, issues de plantes sauvages qui poussent encore dans la nature, dans le sud de l’Inde.
La cardamome est utilisée depuis toujours pour communiquer avec les dieux, comme offrande, en Inde et au Pakistan. Elle sert pour la purification des repas.
Sa présence en Égypte est notée depuis plus de 2500 ans. Sous la Rome Antique et en Grèce, la cardamome était consommée comme épice. Mais elle était aussi utilisée en médecine. Elle est citée par Théophraste, botaniste et naturaliste grec, né vers -371 av. J.-C. et Dioscoride, médecin grec du 1er siècle av. J.-C, puis par Pline l’Ancien, Romain, né en l’an 23, auteur d’une énorme encyclopédie d’histoire naturelle. En Europe c’est au Moyen Âge que l’on découvre vraiment la cardamome. Elle entre alors dans la composition de l’hypocras, ce vin enrichi d’épices, que l’on servait pendant les repas de fêtes.
En 1927, Désiré Bois dans « les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges« évoque les puissantes propriétés carminatives de la cardamome et son aptitude à masquer l’odeur de l’ail. Désiré Bois (1856 -1946) est un botaniste, horticulteur et agronome français qui fut, de 1920 à 1932, directeur et professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris et président de la Société botanique de France, en 1920, puis lors d’un second mandat en 1931. Il publia aussi, en 1885, avec Nicolas-Auguste Paillieux, le Potager d’un curieux: Histoire, culture et usages de 100 plantes comestibles peu connues ou inconnues. Ce livre, réédité en 1999, fait toujours référence. Elle est citée dans le recueil des « Mille et une Nuits« , florilège anonyme de contes populaires en arabe, d’origine persane et indienne. Il est établi avec de nombreux récits racontés et propagés au fil des siècles par transmissions orales. C’est au XIIIe siècle qu’ils furent réunis dans un écrit. Voici le passage où elle est citée: « Mohammed prit alors un grand vase dans lequel il mit de la cannelle, du girofle, de la cardamome, du gingembre, du poivre blanc et quelques autres drogues« .
En Soins:
Attention ne jamais consommer son huile essentielle en usage interne. Ces graines sont utilisées depuis des millénaires par la médecine ayurvédique, comme stimulant de l’organisme et pour soigner les troubles digestifs (Indigestions, Flatulences, Coliques). En Asie du Sud-Est, elle est préconisée pour traiter les infections dentaires et l’inflammation des gencives, les maux de gorge, l’encombrement des poumons, et l’inflammation des paupières. C’est un puissant antiseptique. Elle possède des vertus antiacides et anti-reflux, calmant les douleurs d’estomac. Elle favorise le transit intestinal. Excellente contre la goutte. En Inde, elle soigne et soulage « les faiblesses de Vata« .
En Cuisine:
C’est une des plus ancienne épices connues, elle entre notamment dans la composition du curry. En Asie, elle est indispensable dans le riz, le poisson, les vins chauds, le thé… Très présente dans la cuisine indienne (c’est l’une des épices principales du Garam Masala et du thé indien Tchai), elle est également employée pour parfumer des pâtisseries. En Afrique, on confectionne un café à la cardamome (une graine dans la tasse) c’est la tradition dans le café turc. Dans la cuisine nord-africaine on en met traditionnellement dans le mélange d’épices ras-el-hanout, employé dans les tajines. En France, elle entre dans la composition de bonbons, de chocolats raffinés. Elle est utilisée depuis le Moyen Âge pour la confection du pain d’épice. Elle donne du peps aux confitures, aux compotes, aux infusions. N’hésitez pas à en épicer vos légumes, les viandes blanches, le poulet. Associez-la au curcuma et au gingembre. Grignotées en fin de repas, ces graines rafraîchissent l’haleine et facilitent la digestion.
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