





Mon Humeur en Juillet sur la Cardère
En allant me promener j’ai vu un massif de cardère et me suis dit « belle idée d’humeur en juillet »…
Tout d’abord un petit récapitulatif sur les différences entre cette jolie plante barbue et le chardon: La Cardère sauvage possède une inflorescence dense, très riche en nectar. Sa courte floraison débute par la partie centrale de son capitule en formant une couronne, avant de s’étaler vers le haut et le bas (formant deux anneaux) au fur et à mesure de la fécondation des fleurs. La fleur du Chardon se situe au-dessus de la base épineuse, tandis que celle de la cardère émerge des alvéoles de la tige . Les feuilles du chardon sont alternes, contrairement à celles de la cardère qui sont opposées.
Elle offre gîte, couvert et débit de boisson à une quantité impressionnante d’animaux. Ses feuilles alimentent les chenilles d’un papillon nocturne nommé « sphinx bourdon« en raison de sa ressemblance avec ce pollinisateur. Sa floraison attire les abeilles, bourdons, mais aussi les syrphes et papillons, notamment le paon du jour, le vulcain, la belle-dame, le tabac d’Espagne. Les fleurs de la cardère laissent ensuite place à une grande quantité de graines (600 par capitule), particulièrement attractives pour les oiseaux en raison de leur richesse en graisses (elles contiennent jusqu’à 22 % de lipides). Une manne très recherchée par les volatiles et plus particulièrement le chardonneret élégant, le tarin des aulnes ou la linotte mélodieuse. Enfin, même en fin de vie, la cardère reste accueillante puisque ses tiges creuses servent d’abri hivernal à plusieurs insectes.
C’est une plante tinctoriale, mais la couleur bleue disparaît assez rapidement, c’est dommage.
Elle est comestible mais n’apporte aucune saveur ni goût donc vraiment pas utile en cuisine.
La Cardère Sauvage
J’adore ses autres noms: Cabaret des oiseaux, Baignoire de Vénus et Cardère sylvestre.
Sa floraison est de juin à septembre et sa récolte est de juillet à août.
La racine de cardère, diurétique et dépurative, était employée pour traiter des affections cutanées telles que eczémas, impétigos et psoriasis. On lui prête une capacité à apaiser les maux d’estomac, à améliorer le fonctionnement du système digestif, notamment en cas de diarrhée. D’un point de vue plus actuel, des extraits de racines et de feuilles de la cardère sauvage présenteraient des propriétés antimicrobiennes en raison de sa haute teneur en phytols. Elle fait ainsi partie des plantes traditionnellement utilisées contre la maladie de Lyme, et les scientifiques s’intéressent de près à son potentiel thérapeutique contre cette maladie encore aujourd’hui.
La Cardère cultivée ou Herbe à Foulon
Mais le grand usage de la cardère est, comme son nom l’indique, celui de « carder« la laine: on utilisait pour cela la cardère cultivée (une sous-espèce de la cardère sauvage). Ses origines sont mal connues, mais elle était autrefois très répandues et a été cultivée dans des pépinières, à proximité des manufactures de draps fins jusqu’en 1830 environ. On coupait les têtes que l’on mettait à sécher au soleil dans les cours des fermes, pour les débarrasser de leurs graines. Elles étaient ensuite fixées sur la « croisée« , un outil qui servait à brosser les étoffes de laine de grand luxe et les étoffes destinées à la confection des uniformes militaires, ainsi que les feutres et les lodens. On estime que la culture et le négoce de la cardère « à foulon« se sont définitivement terminés dans les années 1980.