MON HUMEUR DU MOIS

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Mon humeur en décembre



Je voulais vous parler d’une jolie famille de plantes, Les Brassicacées (son ancien nom était Crucifères). Elle comprend 3200 espèces (350 genres dont 78 en France).

Le nom latin BRASSICA viendrait du celte “BRESIC” qui signifie Chou. On y trouve : les navets, chou, colza, moutarde, sisymbre, roquette, radis, cardamine, cresson, alliaire, giroflée et raifort parmi les plus connus.

Aujourd’hui je vais vous parler de 2 d’entre elles: La Moutarde et la Barbarée qui sont souvent confondues quant à leurs fleurs jaunes et feuilles et pourtant !!



Quelles différences entre les deux?

La Barbarée a une floraison hâtive et ses fleurs sont plus petites et d’un jaune doré alors que celle de la moutarde sont de couleur jaune citron. Les feuilles de la barbarées sont glabres alors que celle de la moutarde sont velues. Il en est de même pour les tiges.

 

La Moutarde

Cultivée dès l’Antiquité grecque, pour ses propriétés médicinales, la moutarde est, à l’époque romaine, préparée plus ou moins comme elle l’est aujourd’hui, en pilant les graines avec du miel, de l’huile et du vinaigre.

Quatre siècles avant notre ère, Théophraste, philosophe grec, la mentionne déjà comme plante cultivée. Il s’agit du “sénevé” de la Bible.

Columelle, célèbre agronome romain du Ier siècle, en fait usage en confisant les feuilles dans le vinaigre.

Cette plante est commune en France, dans les champs et au bord des chemins, est citée à la fin du VIIIe siècle, dans le capitulaire De Villis.

L’emploi de la pâte condimentaire obtenue par broyage des graines ne se répand qu’autour du XIIIe siècle. C’est à cette époque qu’apparaît aussi le mot de moutarde (vers 1223), sous la forme de mostarde ou moustarde. Ce condiment est préparé avec des graines de moutarde pilées, additionnées d’aromates et délayées avec du moût. Dérivé de moût (de raisin), mustus” en latin et “most” en ancien français, le mot “ardor” en latin signifiant ardeur, chaleur (même étymologie que le verbe arder ou que l’adjectif ardent). C’est donc un moût ardent.

En français, la plante elle-même portait originellement le nom de sénevé ou de sanve, ces mots étant dérivés du latin sinapis, autrefois attribué à la moutarde. De là, vient aussi sinapisme, terme qui désigne le cataplasme de moutarde, également nommé mouche de moutarde. Moutardier désigne le petit pot de terre dans lequel on met la moutarde pour la servir à table, mais aussi le fabricant et le marchand de moutarde.

Les Ducs de la ville de Dijon permettent à la moutarde condiment de devenir populaire, en cette presque fin de Moyen-âge. En effet, ils en expédient 300 litres à la Cour de France. Elle devient alors indissociable des viandes, certainement pour masquer le goût lorsqu’elle est avariée !

Trois siècles plus tard, la moutarde représente un symbole de richesse, pas seulement à Dijon. On la concocte aussi à Paris et à Meaux, et dans toutes les régions de vignobles, autour de Bordeaux, de Tours et de Reims, ceci grâce au vin qui, lorsqu’il tourne, peut être recyclé en vinaigre entrant dans la composition de ce fameux condiment, ajouté aux graines de moutarde broyées, à de l’eau, à du verjus et à des aromates secrets. Au XIVème siècle, la ville de Dijon proclame sa devise : “Moult me tarde” et la Bourgogne en fais, alors une de ses spécialités.

Maille Amora, une histoire dijonnaise : la réputation de Maille a démarré à Marseille, lors de l’épisode de la Grande peste, en 1720. Antoine Maille avait mis au point un vinaigre antiseptique, qui aurait éradiqué l’épidémie, selon la légende. Maille ouvre une boutique à Dijon en 1845, où l’enseigne existe toujours, pour le plaisir des visiteurs. On y trouve de superbes pots en grès et des dizaines de moutardes originales. Jusqu’en 2009, Amora-Maille était la seule entreprise à produire de la moutarde au cœur de Dijon, la marque Amora ayant été déposée dans cette ville en 1919. Mais la production a été déplacée à une dizaine de kilomètres…

Elle soigne le rhumatisme et le mal de dos. Excellent en cataplasme contre le rhume.

 

La Barbarée Vulgaris ou Herbe de Sainte Barbe

La barbarée est dédiée à Sainte-Barbe, la patronne des montagnards et des ouvriers travaillant dans les carrières et les mines. La légende veut que Barbe ait grandi au IIIe siècle dans une région qui correspond à l’actuelle Turquie. Elle avait de nombreux soupirants, dit-on, mais était davantage attirée par la religion chrétienne que par le mariage. Au grand dam de son père Dioscure, un païen qui haïssait les chrétiens. Se rendant compte qu’il risquait de perdre sa fille au profit de la communauté chrétienne, Dioscure fit ériger une tour pour l’y enfermer. Barbe se fit néanmoins baptiser selon le rite chrétien et fit construire une troisième fenêtre dans la tour en symbole de la Trinité.

Ce nom lui est, aussi donné dans plusieurs régions. La tradition de consommer en légume les feuilles de cette herbe sauvage le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, passe également pour être à l’origine de son nom.

Ces graines ne sont pas utilisées comme la moutarde et seules ses feuilles sont comestibles.

C’est une plante médicinale très utilisée pour traiter toutes sortes de blessures, plaies et ulcères. Ses feuilles forment un excellent emplâtre. Elle a des propriétés appétitives et digestives ce qui en fait un allié de choix pour lutter contre la digestion difficile. Grâce à ses capacités diurétiques et dépuratives, elle soigne très bien la goutte.

Ses jeunes feuilles et pousses sont à récolter entre octobre et mars et ont un goût de cresson. Elles sont souvent utilisées en salade ou en poêlées.